Rendez-vous au stade avec un super téléobjectif

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Rendez-vous au stade avec un super téléobjectif

Capturer des actions palpitantes en plein match de foot requiert une certaine expérience. Pour Dierk Kowalke, aucun souci à se faire de ce côté-là, puisque ses premières photos sportives remontent aux années 70 et aux grandes heures (retrouvées) du football allemand. Il travaille aujourd’hui avec le Tamron SP 150-600 mm, emballé par la performance de ce téléobjectif, il nous fait part de ses conseils.

« Yes ! Coup de sifflet final ! Et c’est une victoire à l’extérieur ! », tweet le club du Werder Bremen après leur victoire 4-1 à Leverkusen. Pas de quoi réjouir Dierk Kowalke, supporter des rouges et noirs et qui a suivi en grande partie le match à travers le viseur de son reflex numérique. Son matériel a attiré, comme souvent, le regard de ses collègues aux abords du terrain. « Nombre de mes collègues n’en croient pas leurs yeux quand ils remarquent que j’utilise le 150-600 mm de Tamron », explique Dierk Kowalke. « Ils ne peuvent croire que ce téléobjectif, au prix très mesuré, me permet d’obtenir des résultats aussi bon que leurs super téléobjectifs de marques de boîtiers. »

Dierk Kowalke a commencé la photo à l’âge dès l’âge de 13 ans, et cela fait donc presque 50 ans qu’il exerce sa passion. À l’école, il faisait déjà office de reporter photo pour les journaux locaux. Son talent fut très vite repéré par des journaux tels que Düsseldorfer Nachrichten et Rheinische Post. Il fut rapidement accepté et assista régulièrement aux matchs de foot de la Bundesliga, en tant qu’élève d’abord, puis en tant qu’étudiant, posté derrière la ligne de but, l’œil collé au viseur de son reflex.

Instants haletants : avec le SP 15-600 mm, Dierk Kowalke a pu capturer cette faute sur l’attaquant Stefan Kiessling portant le maillot Bayer-04.

Une fascination pour l’humain

Au fil du temps, Dierk Kowalke s’est dirigé vers la photographie corporate « La photo journalistique type, la documentation d’évènements et surtout de personnes est au cœur de mon travail », explique-t-il. « J’appelle ce travail photographique People at work. Qu’il s’agisse du président d’un conseil d’administration, d’ouvriers en bleu de travail ou de sportifs, ce sont eux qui déterminent mes sujets »

Il y a quelques mois, Dierk Kowalke a redécouvert sa vieille passion pour la photographie sportive. Qu’est-ce qui le fascine encore aujourd’hui ? « Ce qui m’attire dans la photographie sportive, c’est qu’il faut toujours se fier à son instinct pour deviner l’action à venir. En général, on n’obtient presque rien du sport en tant que tel, que quelques clichés instantanés. Et si ces clichés en valent la peine, on ne s’en aperçoit toujours qu’après coup. Par ailleurs, le jeu est toujours en mouvement. Football, athlétisme, golf ou roue allemande... Dans tous les cas, on retrouve cette dynamique. Le plus important pour un photographe sportif est de maîtriser son matériel et sa technique. Les erreurs techniques ne pardonnent pas. Si j’en fais, d’autres prennent alors de meilleures photos que moi et je ne gagne pas d’argent. »

Toujours plus proche : avec une grande plage focale allant de 150 à 600 mm, il est possible de prendre de superbes photos, que l’action soit proche ou éloignée du photographe.

Un appareil pour raconter des histoires

Chaque évènement sportif suit une séquence d’actions. D’abord, des tâtonnements prudents après le coup d’envoi, puis des instants chargés d’émotion lors de la mi-temps et enfin, la phase finale au cours de laquelle la tension est à son comble. « L’histoire d’un match est racontée à travers la multitude des photos prises, bien souvent mille ou plus par match », commente Dierk Kowalke. « Comme sujets photo, je privilégie avant tout la lutte autour de la balle, la faute, le carton jaune ou rouge, l’émotion, la jubilation et la consternation. Mais aussi les tirs, bien entendu, sans forcément que le gardien ou le ballon y figurent. Ce sont désormais les caméras fixes et télécommandées, placées derrière les buts, qui prennent en photo l’action dans sa globalité. Le plus important est de savoir quand appuyer sur le déclencheur, instant que je dois essayer autant que possible de prévoir. Le mode rafale des reflex modernes ne me donne en réalité qu’un tout petit coup de pouce. »

Au cours de sa carrière, Dierk Kowalke a vu se développer nombre d’évolutions dans la technique photographique.

La photographie sportive a-t-elle beaucoup changé au cours des dernières décennies ?

« L’arrivée de la photographie numérique a apporté de nombreux changements, c’est sûr. Avant, je m’asseyais derrière les buts avec un reflex mono-objectif, doté d’un objectif 135 mm et réglé à une distance de 15 mètres. J’en tirais des résultats passables. Nous avions aussi à disposition un super téléobjectif de 400 mm ou 560 mm. Le rythme de travail au sein de l’agence était passionnant mais effréné : à la fin du match, nous avions une dizaine de minutes pour développer environ 200 grands tirages noir et blanc. De nos jours, il en va tout autrement : on se tient certes toujours derrière les buts, mais plutôt à côté du drapeau de corner ou sur les côtés du terrain. L’objectif standard pour un match est un 300 ou 400 mm avec une ouverture de f/2,8, auquel on ajoute parfois un 70-200 mm et un 24-70 mm pour l’après match. Une partie des photos est travaillée en plein match sur un ordinateur portable, avant d’être uploadée directement sur le site Internet. »

Joli sujet prononcé : bien que Dierk Kowalke photographie avec une ouverture de f/8, il obtient avec son téléobjectif une profondeur de champ suffisamment faible. Le sujet principal se détache bien de l’arrière-plan flou.

Un autofocus presque parfait

Il n’y a pas que les distances focales et le mode d’envoi des photos qui ont changé. Grâce à l’évolution des techniques des appareils photo, il n’a jamais été aussi simple pour un photographe de réussir ses photos. « La technique de mise au point des reflex numériques, est presque parfaite et bat à plates coutures la photographie argentique. On le remarque surtout au niveau de la rapidité de l’autofocus et la précision du suivi automatique d’un sujet. Pour la photographie sportive, il n’y a que la mesure de l’exposition qui laisse encore à désirer dans le système actuel. Avec les projecteurs dans le stade ou en salle, le réglage manuel de l’exposition demeure encore la meilleure option. »

En général, quels réglages d’appareil Dierk utilise-t-il lors de matchs de la Bundesliga ? « L’un des réglages essentiels : choisir une vitesse d’obturation rapide afin de saisir les actions avec netteté. Dans le cas du Tamron SP 150-600 mm, je choisis une sensibilité de 6400 ISO, une exposition de 1/1000 et une ouverture à f/8 », conseille-t-il « Je sais bien qu’une ouverture f/8 est un risque en soi, tout comme travailler à 6400 ISO, mais ça fonctionne. »

En pleine action : même les scènes de jeu les plus rapides sont d’une netteté incroyable grâce à l’autofocus USD du SP 150-600 mm, comme lors de ce duel qui oppose Karim Bellarabi à un joueur du Bayern.

Toujours dans l‘action

Ce que Dierk Kowalke aime le plus dans son 150-600 mm, c’est qu’à l’inverse de ses collègues, 90 % de ses photos sont réalisées avec un seul et même objectif, et qu’importe si le sujet passe dans la surface de réparation, devant lui, ou dans la surface opposée. « J’apprécie vraiment la fonction zoom, car elle me permet de ne jamais rien rater. Il n’y a rien à redire pour ce qui est de l’autofocus, et même lors de mouvements rapides, le Tamron n’a rien à envier aux focales fixes lumineuses. »

En outre, pour ce qui est de la netteté, le SP 150-600 mm supporte très bien la comparaison avec les focales fixes professionnelles. « D’un point de vue purement théorique, ce très long téléobjectif pourrait présenter des inconvénients, mais dans la pratique, ces inconvénients n’existent pas. La focale de 600 mm fonctionne mieux qu’un 400 mm classique car il permet de se concentrer sur un détail encore plus éloigné. C’est un plus pour moi, car je n’ai alors pas besoin d’agrandir le détail en question. Ah, et par-dessus le marché, le 150-600 mm est bien plus léger, un avantage non négligeable quand on travaille avec un monopode. »

Raconter des histoires : il n’y a pas que les scènes de match qui figurent au programme d’un photographe sportif, mais aussi la composition de l’équipe. Avec le SP 150-600 mm, Dierk Kowalke a pu choisir depuis son emplacement un cadrage parfait.

Les charmes de la photographie

Au cours de sa longue carrière, Dierk a photographié beaucoup de sujets différents. Qu’est-ce qui le motive encore et toujours à brandir son appareil photo ? « Difficile de répondre à cette question », glisse le photographe avec un sourire en coin : « Pour faire court, je dirais que c’est le plaisir de produire une image qui ferait s’exclamer « waouh, la richesse des détails est impressionnante ! ». Je vais vous l’avouer, ça m’arrive de m’exclamer moi-même le jour suivant »

5 tuyaux de pro pour les futurs photographes sportifs

  1. Dans les faits, la technique photographique est restée inchangée au cours des 175 dernières années. Apprenez comment fonctionnent les systèmes optiques pour comprendre dans les grandes lignes la technique de l’appareil !
  2. Le photographe doit pressentir ce qui va se passer. Si j’observe et décide ensuite d’appuyer sur le déclencheur, il est bien souvent déjà trop tard. Ayez une longueur d’avance sur vos pensées !
  3. Inspirez-vous des autres, les bonnes idées sont reproductibles. Observez ce que font les autres photographes, appliquez-le et développez sur cette base votre propre technique photographique !
  4. Amusez-vous avec votre appareil ! Rien ne vaut l’expérimentation. Avec un reflex numérique, c’est désormais très facile : vous n’avez qu’à appuyer sur le bouton et à effacer si besoin.
  5. Établissez une bonne communication avec vos clients. Hors du terrain, il est indispensable de discuter de ce que vous pouvez faire ou non et de bien comprendre les attentes de votre client.
Début de la saison : au printemps, Dierk Kowalke accompagne une équipe cycliste au cours de leurs premières sorties à Majorque. Avec le SP 150-600 mm, il capture de très belles images du groupe.

À propos de l’auteur : Dierk Kowalke

Dierk Kowalke travaille comme photographe indépendant, conseiller d’entreprise et enseignant à Leverkusen et Cologne. Au cœur de son activité, on trouve entre autres les reportages économiques et les portraits de cadres de direction. Après ses études, il travaille comme rédacteur bénévole au journal Rheinischen Post à Düsseldorf. Plus tard, il passe au journal Handelsblatt et à Prisma, avant de s’installer aux postes de responsable de presse et de responsable de communication interne au sein du groupe Metro. En 2001, il se met à son compte et travaille dans une agence de communication pour laquelle la photographie constitue une composante majeure de ses tâches. Depuis 2012, il est enseignant en photographie à la faculté des sciences humaines de l’université de Cologne.

Un peu plus sur l’auteur :

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